Votre compresseur pneumatique est-il vraiment adapté à vos besoins ? Tout ce qu’il faut savoir pour le choisir et l’entretenir

Votre compresseur pneumatique est-il vraiment adapté à vos besoins ? Tout ce qu’il faut savoir pour le choisir et l’entretenir

Peindre, gonfler, meuler, agrafer, poncer… Ce ne sont là que quelques exemples des utilisations possibles d’un compresseur. Appareil très polyvalent pouvant alimenter une large gamme d’outils pneumatiques, il en existe de nombreux formats et pour tous les budgets. Choisir votre premier compresseur parmi la jungle d’offres disponibles est complexe. Et malgré leur apparente simplicité, ces engins nécessitent néanmoins un entretien régulier. Vous découvrirez comment fonctionne un compresseur, et de quelle manière choisir le modèle adapté à vos besoins.

Ça vous gonfle de chercher votre futur compresseur pendant des heures ? Quelques conseils pour vous faciliter la vie :

La fiche technique d’un compresseur, parfois très dense et complexe, contient toutes les informations nécessaires pour faire le bon choix. Cependant, savoir la déchiffrer est une autre paire de manches.

La capacité de la cuve d’un compresseur :

C’est bien souvent le premier élément mis en avant sur la fiche technique. La capacité de la cuve indique le volume d’air maximal que l’appareil peut comprimer. Des petits compresseurs de 6 litres jusqu’aux engins industriels de plus de 300 litres, l’offre est vaste. La capacité de la cuve est un critère de choix primordial. Elle dépendra en effet de l’utilisation que vous souhaitez en faire. Les petits compresseurs de 6 à 24 L, parfois appelés « compresseurs de loisirs », sont destinés à des utilisations peu exigeantes. Gonfler les pneus de votre voiture ou encore dépoussiérer votre vieille boîte à outils à l’aide d’une soufflette, ces petits appareils ont bien souvent une utilisation assez limitée. De 50 à 100 L, les compresseurs de moyenne capacité sont bien plus polyvalents. Ils sont en général le bon compromis pour votre atelier domestique. Ils vous permettront d’utiliser de nombreux outils : Clé à chocs Visseuse Cloueuse Agrafeuse Meuleuse Burin Petite sableuse Viennent enfin les grands compresseurs de 150 à 300 L. Ils sont certes plus encombrants, plus lourds et plus chers, mais sont capables de supporter une utilisation continue et intensive. Ainsi, ils peuvent être utilisés de manière fiable pour des activités de peinture, sablage, projection ou encore de ponçage. Il existe également des compresseurs dont les cuves dépassent largement les 300 L de capacité. Ces derniers sont le plus souvent destinés à être installées dans des ateliers pour des applications professionnelles ou industrielles. La cuve et le moteur sont d’ailleurs fréquemment séparés.

La puissance du moteur de votre compresseur :

Exprimée en chevaux (CV en français, ou HP en anglais pour Horse Power), la puissance du moteur du compresseur est, elle aussi, une donnée cruciale. Elle est directement liée à la capacité de l’appareil à comprimer de l’air rapidement, et à le maintenir sous pression dans la cuve. Ainsi, les compresseurs les plus petits sont généralement équipés de moteurs d’une puissance comprise entre 0,5 et 1,5 CV. Cette puissance limitée ne sera suffisante que pour du gonflage, soufflage ou la brève utilisation de petits outils. Les motorisations des compresseurs d’atelier développent communément entre 2 et 3 CV. Ils pourront alimenter des outils plus gourmands en air comprimé, tels qu’ une clé à choc, une cloueuse ou une agrafeuse. Les compresseurs professionnels quant à eux disposent de 4 à 7,5 CV, et permettent un usage intensif. Le ponçage, la peinture ou le sablage ne lui font pas peur ! Il n’y a en principe que les compresseurs industriels qui développent des puissances supérieures à 10 CV, pour alimenter plusieurs postes de travail simultanément et sans interruption.

Le débit d’air restitué par le compresseur :

Le débit d’air restitué par un compresseur est une donnée essentielle qui détermine sa capacité à alimenter les outils pneumatiques correctement. Il correspond à la quantité d’air comprimé que l’appareil peut délivrer à sa sortie. Il est exprimé en litres par minute (L/min) ou en mètres cubes par heure (m³/h), à une pression donnée (par exemple 6 ou 8 bars). Chaque outil pneumatique possède une consommation d’air spécifique. Renseignez-vous donc au préalable sur les besoins de vos outils afin de choisir un appareil qui soit compatible. Si votre compresseur est sous-dimensionné et ne fournit pas assez de débit, la pression dans la cuve chute trop rapidement, ce qui entraîne des interruptions fréquentes. De plus, cela provoque une usure prématurée de ce dernier, et vos outils ne fournissent pas leur plein potentiel.

D’autres caractéristiques utiles :

Au-delà de la capacité de la cuve et de la puissance du moteur, la fiche technique vous indiquera d’autres spécifications qui vous permettront d’affiner votre choix. La pression maximale, exprimée en bar, est généralement comprise entre 8 et 12 bars pour un compresseur à piston standard. Une pression élevée permet d’alimenter des outils performants ou de réaliser des travaux exigeants. Il faut cependant que le réseau pneumatique et les accessoires (tuyau, raccords…) supportent cette pression. De manière générale, une pression de 8 bars suffit à alimenter des outils dits « classiques ». Le nombre de cylindres du moteur est également une information intéressante. Pour un compresseur de faible capacité utilisé occasionnellement, un seul cylindre fera l’affaire. Il est néanmoins intéressant de privilégier un moteur bicylindre si vous comptez l’utiliser de manière intensive. Cela devrait permettre d’accroître sa longévité et son rendement. Enfin, le mode de lubrification indique si le moteur utilise de l’huile pour lubrifier les pièces internes. La plupart des compresseurs sont lubrifiés par huile, ce qui permet une meilleure longévité, un meilleur refroidissement et de meilleures performances. Il existe aussi des appareils qui n’en contiennent pas. Plus chers, et parfois moins fiables et moins efficaces à haute pression, ils offrent l’avantage de ne pas rejeter de résidus d’huile dans l’air comprimé. Ces derniers se contenteront également de moins d’entretien.

Prendre en compte les aspects pratiques du compresseur

Pour affiner votre choix et ainsi choisir la machine la plus adaptée à vos besoins, n’hésitez pas à prendre en compte un certain nombre de facteurs pratiques. Le niveau sonore de votre compresseur, par exemple, peut être déterminant, car certains sont bien plus bruyants que d’autres (bien que ce genre d’appareils soient naturellement assourdissants). La présence de roulettes gonflables ou non, ainsi que le poids, si vous devez le déplacer régulièrement. La disponibilité des pièces détachées et l’indice de réparabilité sont aussi à étudier en fonction de votre budget. Veillez aussi à vous renseigner sur la qualité du SAV du fabricant si votre compresseur venait à tomber en panne.

Pour tirer le meilleur parti de votre compresseur, apprenez-en plus sur son fonctionnement :

Peut-être vous êtes-vous déjà posé cette question : « comment fonctionne un compresseur ? ». Parce que connaître le fonctionnement d’un outil permet toujours de mieux l’utiliser, passons-donc en revue le principe de fonctionnement de ces appareils. La plupart des compresseurs abordables vendus dans le commerce à destination des particuliers sont motorisés par des moteurs à pistons. Ces derniers sont dotés d’un moteur électrique qui entraîne la rotation d’un axe (appelé vilebrequin) sur lequel sont montés un ou plusieurs pistons et bielles. Ces pistons vont alors coulisser de haut en bas dans un cylindre afin de comprimer de l’air, d’abord aspiré par la descente du piston (phénomène de dépression), puis acheminé vers la cuve une fois sous pression. Lorsque la pression maximale est atteinte, un pressostat (interrupteur électrique) commande automatiquement l’arrêt du moteur. Enfin, lorsque la cuve commence à se vider lors de l’utilisation d’outils, ce dernier déclenchera de nouveau la mise en route du moteur afin de compléter le remplissage de la cuve.

Quelques gestes que votre compresseur appréciera :

Ayant l’expérience d’une utilisation quotidienne de ces équipements dans mon ancienne profession de Mécanicien Automobile, voici quelques conseils afin d’utiliser au mieux votre compresseur, et ainsi maximiser sa durée de vie. Pour commencer, placez votre appareil dans un espace bien ventilé et éloigné des zones poussiéreuses ou humides. Cela évitera la surchauffe du moteur, ainsi que les risques de corrosion et d’encrassement des composants. Dans le cadre de mon travail, j’ai à plusieurs reprises constaté les dégâts occasionnés par l’installation d’un compresseur, utilisé de manière intensive, dans des espaces non adaptés. Filtre à air constamment bouché, éléments mécaniques encrassés à l’extrême, fuites d’huiles et courroie hors d’usage à la suite des nombreuses surchauffes de l’appareil… Bref, vous l’aurez compris, l’environnement du compresseur influe fortement sur son usure. Avant même la mise en route du compresseur, vérifiez impérativement le niveau d’huile, si celui-ci en contient. Puis, lors du démarrage du moteur lorsque la cuve est vide, attendez que celle-ci soit pleine, ou suffisamment remplie (en surveillant le manomètre, si vous ne comptez que gonfler la roue de votre brouette), avant d’utiliser des outils pneumatiques. Cela évitera au moteur de « tourner dans le vide », et ainsi de provoquer une usure prématurée de celui-ci. Évitez ensuite toute modification du compresseur pouvant augmenter la pression maximale établie par le fabricant, afin d’écarter tout risque de détérioration. Contrôlez également la température et la pression régulièrement pour détecter toute anomalie avant qu’elle ne s’aggrave. Utilisez des outils pneumatiques adaptés au débit et à la pression du compresseur pour éviter les surcharges, et évitez les cycles de démarrages et arrêts trop fréquents. Enfin, lorsque vous avez fini de vous servir de votre appareil, éteignez-le, puis videz la cuve. Vous pouvez actionner la soupape de décharge pour évacuer tout l’air comprimé, ou bien utiliser un outil jusqu’à ce que la cuve soit vide. Purgez également la cuve à l’aide de la vis prévue à cet effet située sous celle-ci pour éviter la corrosion interne due à l’eau condensée. En effet, la quantité d’eau que l’on peut extraire d’un compresseur après plusieurs jours sans purge peut être surprenante !

Pour prolonger la durée de vie et l’efficacité de votre compresseur, un bon entretien, est la clé !

Comme beaucoup d’outils, un compresseur pneumatique nécessite d’être entretenu pour fonctionner longtemps et sereinement. Rassurez-vous, nul besoin d’être un expert, cela n’a rien de bien compliqué, et peut être réalisé sans outillage particulier. La première opération d’entretien, qui est d’ailleurs la plus simple, est le nettoyage ou le remplacement des filtres à air. Un filtre à air sale réduit la quantité d’air aspirée et demande donc un effort supplémentaire au moteur pour fonctionner. Il est généralement très accessible et facile à démonter. Si celui-ci est simplement poussiéreux, un coup de soufflette fera l’affaire. Autrement, son remplacement ne vous coûtera au maximum que quelques euros. Il est recommandé d’effectuer cette opération tous les 3 mois ou 500 heures. Ensuite, pour tous les compresseurs lubrifiés par huile, il est impératif de procéder à la vidange de celle-ci toutes les 500 à 1 000 heures, ou au moins une fois par an. Un compresseur fonctionnant avec de l’huile trop âgée ou de mauvaise qualité verra sa durée de vie fortement impactée, tant les pièces mécaniques internes subiront des dégâts. Vérifiez également l’absence de fuites en provenance du moteur. Un contrôle régulier du serrage de toutes les vis, raccords et écrous est également nécessaire. Un compresseur étant sujet à beaucoup de vibrations, il est normal que les vis et les raccords se desserrent de temps à autre. Cela pouvant parfois générer des fuites d’air ou des pannes, un simple contrôle des serrages peut parfois vous éviter de nombreux soucis. Pour les appareils munis de courroies, vérifiez régulièrement la tension de celles-ci, et remplacez-les si nécessaire pour éviter vibrations ou pertes d’efficacité. Bien choisir votre compresseur, vous permettra d’éviter bien des déceptions. En vous appuyant sur le volume de la cuve, le débit d’air restitué et la puissance, vous évitez d’acheter un modèle trop faiblement dimensionné qui vous ralentit dans votre travail, ou un appareil trop puissant et inutilement cher. Enfin, en adoptant quelques habitudes simples comme la purge de la cuve et la vidange de l’huile, vous préservez les performances et la durée de vie de votre compresseur. Si vous voulez aller plus loin et gagner encore en efficacité, penchez-vous sur l’ensemble de votre installation pneumatique : tuyaux, raccords, filtres et accessoires. Notre guide des accessoires pneumatiques vous fournira toutes les informations nécessaires pour protéger vos outils et améliorer leur performance.

Foire Aux Questions :

Le débit d’air restitué est-il un facteur important à prendre en compte ?

Oui, car chaque outil a une consommation d’air définie. Le compresseur doit fournir un débit supérieur à cette consommation, avec une marge de 20 à 30 % pour compenser les pertes dans le réseau (tuyaux, raccords) et éviter des cycles de redémarrage fréquents.

Quels sont les risques si je néglige l'entretien de mon compresseur ?

Un compresseur mal entretenu peut surchauffer, générer des fuites ou une rupture de la cuve. L’absence de purge régulière favorise l’accumulation d’humidité, de corrosion et ainsi un risque de perforation. Un niveau d’huile insuffisant provoque une usure accélérée des pistons et cylindres. Des filtres encrassés provoquent des chutes de pression, ce qui réduit l’efficacité des outils pneumatiques et augmente la consommation électrique.

Quelle est la durée de vie moyenne d’un compresseur de 50 litres bien entretenu ?

Les compresseurs domestiques à usage occasionnel durent généralement de 7 à 12 ans, tandis qu’un usage intensif peut réduire cette durée à 5 à 10 ans.

Quel niveau sonore est acceptable pour un usage domestique ?

Les compresseurs à piston classiques peuvent largement dépasser les 90 dB, ce qui est très bruyant. En fonction de votre utilisation, il est recommandé d’installer le compresseur dans un local séparé.

Quels sont les signes d’alerte indiquant un problème ?

Si vous remarquez des bruits inhabituels, des fuites d’huile, une baisse de pression, ou une surchauffe, cela peut indiquer une anomalie sur votre compresseur.

Dans quel cas est-il utile d’utiliser un compresseur sans huile ?

Un compresseur sans huile possède la capacité de délivrer de l’air propre, ce qui est indispensable pour des utilisations alimentaires, pharmaceutiques ou électroniques.

Quels accessoires sont indispensables pour garantir la pureté de l’air ?

Les filtres séparateurs d’huile sont essentiels pour les applications sensibles (peinture, médical, agroalimentaire). Les filtres anticondensation et antiparticules empêchent l’eau et les poussières de pénétrer dans le circuit, protégeant les outils et assurant un air propre. Enfin, les purgeurs automatiques éliminent l’eau condensée dans la cuve et le réseau sans intervention manuelle, garantissant un air sec.

Comment réduire les pertes de pression dans le réseau d’air comprimé ?

La longueur des tuyaux, leur diamètre, ainsi que les raccords doivent impérativement être dimensionnés en fonction de la taille de votre installation, ainsi que pour l’utilisation qui va en être faite.

Quelle est la différence entre un compresseur à piston et un compresseur à vis ?

Dans les compresseurs à piston, l’air est comprimé par le mouvement alternatif d’un piston dans un cylindre. Pour les compresseurs à vis, deux rotors hélicoïdaux tournent en sens opposé, comprimant l’air de manière continue, émettant donc moins de vibrations. Ils sont également plus silencieux (60 à 75 dB).

Quels sont les équipements de protection (EPI) à porter lors de l'utilisation d'un compresseur ?

Les lunettes de sécurité sont indispensables pour éviter les projections de particules, poussières ou débris sous pression. Un compresseur étant bruyant, le port d’un casque antibruit ou de bouchons d’oreilles est vivement recommandé.

Antoine VASSEUR, Rédacteur Web SEO. Spécialisé en Mécanique Automobile et passionné par la Technique en général, je mets ma plume au service de l’information et de la vulgarisation.


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